Ritucharya : l'art d'habiter les saisons-spécial printemps

La nature ne force rien.
Elle ajuste.


La lumière change, l’air se densifie ou s’allège, l’humidité s’installe puis se retire.
Et notre corps, silencieusement, suit ces mouvements.

L’Ayurvéda nous enseigne que la santé ne dépend pas uniquement de ce que nous mangeons ou des soins que nous recevons. Elle dépend de notre capacité à vivre en harmonie avec les cycles naturels.
Cet art d’adaptation porte un nom :
Ritucharya.
Ritu signifie saison.
Charya signifie routine, régime, discipline.
Ritucharya est l’intelligence saisonnière appliquée à notre quotidien.


Les doshas : les forces vivantes en nous, nos humeurs biologiques

Notre physiologie est gouvernée par trois principes fondamentaux appelés doshas :

 
Vata
Mouvement, respiration, impulsion nerveuse, créativité.
Qualités : léger, sec, mobile, froid.

Pitta
Transformation, digestion, compréhension, chaleur.
Qualités : chaud, pénétrant, intense.

Kapha
Structure, stabilité, immunité, ancrage.
Qualités : lourd, humide, stable, froid.

Chacun de nous possède une combinaison unique de ces trois forces appelée
Prakriti.
Elle est notre constitution unique de naissance.
Mais au fil des saisons, ces doshas évoluent naturellement.
Ils s’accumulent.
Ils peuvent s’aggraver.
Puis ils se pacifient.

Comprendre ce cycle, c’est entrer dans une médecine préventive subtile.

Agni : le feu sacré à préserver

Au centre de cette dynamique se trouve Agni, notre feu digestif et métabolique.

Agni transforme :
-les aliments en énergie
-l’expérience en conscience
-la matière en vitalité

Lorsque Agni est stable, la digestion est fluide, l’immunité forte, l’esprit clair.
Lorsque Agni faiblit, des résidus non digérés appelés Ama se forment.
Ama est lourd, collant, stagnant. Il obstrue les canaux et prépare le terrain des déséquilibres.

Les saisons influencent directement Agni.
Ritucharya consiste donc à le soutenir au bon moment.


Le cycle saisonnier des doshas

Chaque dosha suit trois phases naturelles :

1. Accumulation (Chaya)

Le dosha augmente progressivement sous l’effet de qualités similaires présentes dans l’environnement.

-Kapha s’accumule en fin d’hiver
-Pitta s’accumule au printemps
-Vata s’accumule durant la période chaude et sèche de l’été

Durant cette phase, il n’y a pas encore de symptômes. Le déséquilibre est latent.

2. Aggravation (Prakopa)

Le dosha accumulé devient mobile et déborde.

-Kapha s’aggrave au printemps
-Pitta s’aggrave en été
-Vata s’aggrave en automne et début d’hiver

C’est souvent là que surgissent les manifestations : fatigue, inflammations, sécheresse, allergies…

3. Pacification (Prashama)

Avec l’arrivée de la saison suivante et une hygiène adaptée, le dosha diminue naturellement.
La nature régule, si nous l’accompagnons.
-Kapha se pacifie fin printemps-début été.
-Pitta se pacifie fin automne-début hiver
-Vata se pacifie fin hiver-début printemps.

Le printemps : la saison de la liquéfaction

Durant l’hiver, le froid et l’humidité ont accumulé Kapha.
Au printemps, la chaleur revient.
Ce qui était dense se liquéfie.
Dans le corps aussi.
Kapha devient mobile et peut :
-ralentir Agni
-produire du mucus
-provoquer allergies et congestion
-générer lourdeur et fatigue

Le printemps est donc une saison de nettoyage naturel.
C’est le moment d’alléger.


Ritucharya de printemps
Stimuler, alléger, réveiller
🌿 Alimentation

Favoriser :
-aliments chauds et légers
-légumes cuits
-saveurs amère, piquante, astringente
-épices digestives : gingembre, cumin, coriandre, curcuma

Réduire :
-produits laitiers
-sucre
-aliments froids
-excès de blé

Le miel cru, en petite quantité, est particulièrement bénéfique au printemps.


🌿 Mouvement

Kapha est enclin à l’inertie.
Le printemps appelle le mouvement.

Marche rapide.
Yoga dynamique.
Respirations stimulantes.

Remettre le corps en mouvement, c’est réveiller Agni.


🌿 Rituels

-Se lever tôt
-Éviter les siestes
-Gommage à sec
-Respiration matinale à l’air frais

Le printemps est une saison idéale pour clarifier ses intentions et relancer ses projets.


Une infusion de printemps pour soutenir Agni

Ingrédients :

-½ cuillère à café de gingembre frais
-½ cuillère à café de cumin
-½ cuillère à café de coriandre
-1 pincée de poivre noir
-250 ml d’eau

Faire frémir 5 à 7 minutes.
Laisser tiédir.
Ajouter un peu de miel si désiré.

Cette infusion stimule le feu digestif, réduit Kapha et aide à éliminer Ama.


En conclusion

Ritucharya nous rappelle que nous ne sommes pas séparés de la nature.
Nos déséquilibres saisonniers ne sont pas des erreurs.
Ils sont des signaux.
En adaptant notre rythme, notre alimentation et nos rituels, nous soutenons Agni, pacifions les doshas et cultivons une santé vivante.
Ritucharya nous enseigne à vivre en harmonie avec les cycles naturels.
Les doshas s’accumulent, s’aggravent et se pacifient selon les saisons.
En adaptant notre alimentation, nos activités et nos rythmes, nous soutenons Agni, préservons l’équilibre et prévenons la maladie.
Le printemps nous invite à alléger, purifier et remettre le mouvement au cœur du vivant.


Les soins ayurvédiques recommandés au printemps

Le printemps, en Ayurvéda, est la saison où Kapha fond et se met en mouvement, comme la neige qui devient rivière. Ce qui était stable devient fluide. C’est une période idéale pour éliminer, alléger, relancer Agni et remettre le mouvement dans les tissus.
Les soins ayurvédiques de printemps ont donc une intention précise :
mobiliser, liquéfier, drainer et purifier, tout en soutenant le feu digestif.
Voici les recommandations principales, telles qu’enseignées dans la tradition classique.

1. Udvartana
Le massage sec qui réveille le corps
L’Udvartana est un massage à sec ou avec des poudres de plantes.
Il agit profondément pour :
-réduire Kapha
-stimuler la circulation
-activer le métabolisme
-éliminer Ama
-alléger le corps

Ses qualités sont opposées à Kapha : sec, léger, stimulant.
Il est particulièrement indiqué en cas de :
-sensation de lourdeur
-léthargie
-rétention d’eau
-ralentissement métabolique

Il réveille le corps comme le vent du matin réveille la forêt.

2.Churna pinda swedana
ce soin utilise des pochons de coton remplis de plantes et de poudres médicinales, chauffés puis appliqués sur le corps selon un rythme précis.
La chaleur, associée aux propriétés des plantes, pénètre les tissus, stimule la circulation et aide le corps à libérer ce qui était figé.
Ce soin agit profondément, à la fois sur le plan physique, énergétique et sensoriel.
Une action directe sur Kapha et les stagnations
Le soin aux pochons à sec est particulièrement indiqué pour réduire Kapha dosha, dont les qualités sont froides, lourdes et humides.
La chaleur sèche des pochons apporte les qualités opposées : chaud, léger, mobile.

Il permet de :
• stimuler la circulation sanguine et lymphatique
• réduire les stagnations et les accumulations
• favoriser l’élimination des toxines (Ama)
• relancer le métabolisme
• diminuer la sensation de lourdeur
• assouplir les tissus
• réchauffer profondément le corps

Il agit comme un soleil intérieur qui dissipe les brumes accumulées.




3. Abhyanga avec huiles légères et stimulantes

Contrairement à l’hiver, où l’on utilise des huiles très nourrissantes, le printemps appelle des huiles plus légères et réchauffantes.

Huiles recommandées :
-huile de sésame en petite quantité
-huiles médicinales stimulantes (avec gingembre, moutarde ou plantes chauffantes)


L’Abhyanga au printemps :
-mobilise les toxines
-soutient la circulation
-prépare le corps à l’élimination


4. Swedana
La sudation thérapeutique

Après le massage, la sudation est particulièrement bénéfique.

La chaleur :
-liquéfie Kapha
-ouvre les canaux
-facilite l’élimination des toxines
Elle relance Agni au niveau cellulaire.

La sudation peut être :
-bain de vapeur
-sauna doux
-chaleur localisée

C’est l’équivalent d’un dégel intérieur.

5.Nasya
Le soin des voies respiratoires

Le printemps affecte particulièrement la sphère ORL, siège principal de Kapha.
 Nasya consiste à appliquer quelques gouttes d’huile médicinale dans les narines.

Il permet de :
-éliminer l’excès de mucus
-clarifier la respiration
-libérer la tête
-améliorer la clarté mentale

C’est un soin majeur en période d’allergies saisonnières.

6. Soins de purification douce

Le printemps est la saison idéale pour des approches de purification adaptées à la constitution de chacun.
Cela peut inclure :
-monodiète (kitchari par exemple)
-journées légères
-plantes digestives
-accompagnement ayurvédique personnalisé

L’objectif n’est pas d’affaiblir, mais de libérer.

7. Pratiques quotidiennes recommandées

Garshana
Brossage à sec du corps

Il stimule :
-la circulation lymphatique
-l’élimination
-la vitalité

Respiration tonique
Kapalabhati
Elle nettoie et active.

Méditation
Laisser germer dans le silence, l'immobilité, l'espace du coeur et la lumière, les graines de qualités nobles à cultiver pour la journée, la semaine, la saison à venir.(joie, courage, audace, amour, énergie, douceur...)

Activité physique régulière

Le printemps est la saison où le corps peut supporter davantage d’effort.
Le mouvement réduit Kapha et renforce Agni.

Les bienfaits observés

Lorsque ces soins sont pratiqués au printemps, on observe souvent :
-sensation de légèreté
-digestion plus efficace
-respiration plus libre
-regain d’énergie
-clarté mentale
-amélioration de l’immunité

Le corps retrouve son intelligence naturelle.

Recommandation synthétique pour le printemps

Idéalement :

-Udvartana : 1 fois par semaine
-Abhyanga léger : 1 à 2 fois par semaine
-Swedana : après massage
-Nasya : en cure ou en prévention
-respiration et mouvement : quotidiennement
-Le printemps est une invitation à se délester de ce qui n’est plus nécessaire.

Les soins ayurvédiques accompagnent ce passage, avec douceur et précision.
Ils ne forcent rien.
Ils soutiennent le mouvement naturel du vivant.



par Maureen Esivert-Viremouneix 2 mars 2026
Il existe, dans l’Ayurvéda, des soins qui enveloppent. Et d’autres qui réveillent. L’Udvartanam appartient à cette seconde famille. C’est un soin du mouvement, de la stimulation, de la remise en circulation. Un soin particulièrement précieux lorsque le corps se sent lourd, ralenti, comme enveloppé d’une densité silencieuse. Le mot sanskrit Udvartana signifie littéralement : « élever », « frotter vers le haut », « mettre en mouvement ». Il s’agit d’un massage traditionnel réalisé avec des poudres de plantes, parfois mélangées à une petite quantité d’huile ou d'eau, appliquées sur l’ensemble du corps selon des mouvements spécifiques, ascendants et dynamiques. Ce soin agit à la fois sur la peau, la circulation, le métabolisme et les systèmes plus subtils du corps. Une action profonde sur Kapha et la circulation Selon l’Ayurvéda, Udvartanam est le soin par excellence pour équilibrer Kapha dosha, principe associé à la structure, mais aussi à la lourdeur et à la stagnation lorsqu’il est en excès. Ses bienfaits sont nombreux : • stimule la circulation sanguine et lymphatique • active le métabolisme • favorise l’élimination des toxines (Ama) • réduit la sensation de lourdeur corporelle • améliore la tonicité de la peau et des tissus • soutient la digestion et Agni, le feu métabolique • apporte légèreté, clarté et vitalité Il agit comme un vent doux qui remet en mouvement ce qui était immobile. Il est particulièrement recommandé au printemps, saison naturelle de liquéfaction et d’élimination de Kapha, mais aussi lors des périodes de fatigue, de ralentissement ou de transition. Le déroulement du soin Udvartanam Le soin se déroule dans un espace calme et chaleureux, propice au relâchement et à la présence. Après un temps d’accueil et d’écoute, le massage est réalisé avec des poudres végétales sélectionnées selon votre constitution et votre état du moment. Udvartanam est en général précédé d'un massage abhyangam du corps de 30-40 minutes, et nous pouvons faire en amont Churna pinda swedana (soin aux pochons à sec) pour ouvrir les micro-canaux. Les gestes sont : • rythmés • ascendants • enveloppants et stimulants Ils suivent le sens de la circulation, favorisant le drainage et la mobilisation des tissus. Progressivement, la peau s’éveille, la chaleur s’installe, la circulation s’active. Le soin agit non seulement en surface, mais aussi en profondeur, soutenant les mécanismes naturels d’élimination et de régulation. À l’issue du soin, une sensation de légèreté et de clarté est souvent perceptible, comme si le corps respirait plus librement. Une action subtile sur l’énergie et la perception du corps Au-delà de ses effets physiologiques, Udvartanam agit aussi sur la dimension sensorielle et énergétique. Il stimule les récepteurs de la peau, active les flux subtils et réveille la conscience corporelle. Il aide à retrouver une relation plus vivante, plus présente à son propre corps. Il est particulièrement indiqué lorsque l’on ressent : • lourdeur physique ou mentale • manque d’élan • fatigue persistante • sensation de stagnation • besoin de renouveau Un soin particulièrement recommandé au printemps Le printemps est la saison idéale pour recevoir Udvartana. C’est une période où l’organisme cherche naturellement à éliminer les accumulations de l’hiver. Ce soin accompagne ce mouvement naturel, soutient Agni et aide le corps à retrouver sa fluidité. Il prépare le terrain pour une nouvelle phase d’énergie et d’équilibre. Recevoir Udvartanam au cabinet D’âme et d’Aum Chaque soin est adapté à votre constitution ayurvédique et à vos besoins spécifiques. L’Udvartanam peut être reçu seul ou intégré dans un accompagnement global, notamment lors des changements de saison. Il constitue un soutien précieux pour accompagner les processus de transformation du corps et restaurer la sensation de légèreté et de vitalité.
par Maureen Esivert-Viremouneix 2 mars 2026
Il existe une chaleur qui apaise. Et une chaleur qui transforme. Le soin aux pochons à sec appartient à cette seconde dimension. Issu de la tradition ayurvédique, ce soin utilise des pochons de coton remplis de plantes et de poudres médicinales, chauffés puis appliqués sur le corps selon un rythme précis. La chaleur, associée aux propriétés des plantes, pénètre les tissus, stimule la circulation et aide le corps à libérer ce qui était figé. Ce soin agit profondément, à la fois sur le plan physique, énergétique et sensoriel. Une action directe sur Kapha et les stagnations Le soin aux pochons à sec est particulièrement indiqué pour réduire Kapha dosha, dont les qualités sont froides, lourdes et humides. La chaleur sèche des pochons apporte les qualités opposées : chaud, léger, mobile. Il permet de : • stimuler la circulation sanguine et lymphatique • réduire les stagnations et les accumulations • favoriser l’élimination des toxines (Ama) • relancer le métabolisme • diminuer la sensation de lourdeur • assouplir les tissus • réchauffer profondément le corps -assouplit la peau & améliore le teint -ouvre & nettoie les micro canaux Il agit comme un soleil intérieur qui dissipe les brumes accumulées. Un soin particulièrement précieux au printemps Le printemps est la saison où Kapha accumulé durant l’hiver commence à se liquéfier et à circuler. Ce phénomène peut entraîner : • fatigue • lenteur • congestion • sensation de lourdeur Le soin aux pochons à sec accompagne ce processus naturel d’élimination. Il soutient Agni, le feu métabolique, et aide le corps à retrouver sa légèreté et sa vitalité. Le déroulement du soin Le soin commence par un temps d’accueil et d’écoute, afin d’adapter le soin à votre constitution et à vos besoins. Un massage abhyangam du corps est prodigué en amont durant 30-40minutes. Les pochons, préparés avec des plantes ayurvédiques sélectionnées, sont chauffés puis appliqués sur le corps par tapotements dynamiques. La chaleur se diffuse progressivement dans les tissus.Elle pénètre, détend, active. Le corps relâche ce qu’il retenait. Progressivement, une sensation de légèreté et de fluidité apparaît. Le soin agit en profondeur tout en procurant un sentiment de réconfort et d’ancrage. Nous pouvons éventuellement procéder au soin udvartanam (gommage) par la suite pour continuer de drainer et évacuer les toxines. La fonction des pochons dans le soin Une fois chauffés, ils deviennent des vecteurs de chaleur et de principes actifs. Ils permettent : -de liquéfier Kapha -de stimuler la circulation -d’ouvrir les canaux (srotas) -d’aider à éliminer Ama -de réchauffer profondément les tissus La chaleur sèche agit différemment de l’huile. Elle est plus stimulante, plus drainante, particulièrement adaptée au printemps. Les bienfaits observés Après le soin, il est fréquent de ressentir : • une sensation de légèreté corporelle • une meilleure circulation • une chaleur agréable et durable • une diminution des tensions • un regain d’énergie • une respiration plus libre Le corps retrouve sa capacité naturelle de mouvement et d’équilibre. Une approche globale au cabinet D’âme et d’Aum Au cabinet D’âme et d’Aum, ce soin s’inscrit dans une approche individualisée, respectueuse de votre constitution ayurvédique. Il peut être proposé : • lors des changements de saison • en période de fatigue ou de stagnation • en complément d’autres soins ayurvédiques • dans une démarche de purification saisonnière Ce soin accompagne les transitions et soutient les processus naturels de transformation du corps.
par Maureen Esivert-Viremouneix 21 janvier 2026
Ode au ghî Le beurre clarifié prend patience sur le feu. Il frissonne, s’allège, délaisse ses scories, et l’air se remplit d’une odeur de céréale chaude. La masse se clarifie. La lumière passe à travers. Jaune-or, presque solaire. On l’appelle ghî. Il nourrit sans alourdir, éclaire sans brûler. Dans l’Ayurveda, il soutient le feu digestif, pacifie ce qui s’agite, huile les pensées sèches, reconstruit les tissus épuisés. Il favorise ojas, l’essence subtile qui fait briller les yeux et tenir la joie dans le corps. Il réconforte vata, apaise pitta, fortifie la moelle, le système nerveux, et les chemins invisibles où circule la perception. Une cuillère dans une tisane, un fil dans la poêle, un souffle dans les narines, et voilà qu’on sent, quelque part sous la cage thoracique, un peu plus de chaleur, un peu plus de présence. Il se garde longtemps, sans ambition ni vanité. Comme ces remèdes dont on ne dit rien, mais qu’on garde à portée de main.
par Maureen Esivert-Viremouneix 16 janvier 2026
Le massage Abhyangam est une pratique de la médecine ayurvédique, originaire du sud de l’Inde, où l’art du toucher s’est transmis de génération en génération. Dans l’Ayurveda, l’Abhyangam associe huile chaude médicinale, mouvements continus et lecture subtile du système nerveux. Il ne s’agit pas d’un simple massage de détente: c’est un acte thérapeutique qui nourrit les tissus (dhatus), pacifie le dosha Vata, soutient la circulation des fluides, et réduit l’épuisement physique comme nerveux. Du sanskrit abhyanga (onction), ce soin repose sur un geste enveloppant, régulier, harmonieux. L’huile chauffée devient un vecteur d’équilibre. Elle nourrit la peau, apaise le mental, harmonise la respiration, et ramène le corps dans un territoire plus habitable. Origine Ayurvédique & philosophie du soin L’Abhyangam appartient aux mesures de prévention et de longévité. Dans les textes, il est recommandé au quotidien pour conserver la force, la clarté mentale et la fluidité du mouvement. L’Ashtanga Hridayam mentionne : « L’onction quotidienne confère douceur, fermeté, plénitude et jeunesse. Elle apaise Vata, nourrit les tissus et favorise le sommeil. » Dans le Caraka Samhita , on retrouve l’idée que les massages réguliers protègent le corps de la fatigue, de l’émaciation, du vieillissement prématuré et du déséquilibre du système nerveux. L’équilibre dynamique entre les trois doshas repose sur ce type de soin. L’Abhyangam traduit la vision ayurvédique d’un organisme traversé par le souffle, l’huile, la chaleur et la conscience. Il reconnecte la physiologie à sa cadence naturelle. Les bienfaits physiologiques et psychiques Système nerveux & stress L’huile chaude et le travail rythmique activent le système parasympathique. La vigilance se relâche, le stress se dissipe, la fatigue nerveuse s’évide. Peau, fascias, tissus Les dhatus sont nourris; la peau retrouve douceur et éclat; les fascias gagnent en souplesse; la motricité interne devient plus fluide. Circulation & detoxification Abhyangam soutient la circulation sanguine et lymphatique, notamment dans les périodes de lourdeurs, de stagnation ou de refroidissement. Sommeil & équilibre hormonal En apaisant Vata, le massage prépare à un sommeil plus stable. Les fluctuations émotionnelles s’estompent, la sensibilité corporelle s’adoucit. Vitalité & immunité La tradition considère que l’Abhyangam soutient ojas, la liqueur subtile de l’immunité, de la résistance et du rayonnement. Une dimension plus sensible Au-delà des mécanismes physiologiques, Abhyangam est un rituel de présence. Les mains deviennent des instruments de respiration, l’huile fait vibrer le silence du corps, l’âme prend un peu de place dans la chair. Le mental s’apaise par le toucher, comme un lac retrouve son clair miroir après la tempête. Pour qui est recommandé l’Abhyangam Selon l’Ayurveda, ce soin convient particulièrement aux personnes sujettes à: • stress, anxiété, nervosité • troubles du sommeil • fatigue chronique • douleurs et tensions musculaires • sécheresse de la peau • fluctuations émotionnelles • périodes de changement ou de transition • saison automnale/hivernale (période d’augmentation de Vata) Il convient aussi à celles et ceux cherchant une meilleure conscience corporelle, une digestion plus sereine, ou un équilibre hormonal plus stable. Contre-indications & précautions Abhyangam est un soin puissant. L’Ayurveda recommande de l’éviter ou de l’adapter dans certains cas : Contre-indications principales • fièvre, infections, état inflammatoire aigu • troubles circulatoires graves (phlébites, thromboses) • maladies infectieuses de la peau • hypertension non contrôlée • intoxication ou état de grande faiblesse aiguë Précautions spécifiques • éviter après un repas lourd/ attendre au moins 1h30 après un repas • éviter pendant les trois premiers jours de règles si douleur + abondance (à moduler selon constitution) • ajustement pour femmes enceintes selon dosha, trimestre et zones à travailler Travail sur les points Marma Dans la version complète du massage Abhyangam d’1h45 que je propose, le soin inclut la stimulation ciblée des points marma. En Ayurveda, les marma sont des zones stratégiques où se rencontrent nerfs, muscles, vaisseaux, articulations, os et conscience subtile. Ce sont des carrefours sensibles du prana (énergie vitale) et des tissus (dhatus). La tradition ayurvédique en répertorie 107, chacun jouant un rôle dans la circulation de l’énergie, la régulation du système nerveux et la coordination des fonctions psychophysiologiques. L’Ashtanga Hridayam les décrit comme des “sièges” où se concentre l’intelligence du corps. La stimulation manuelle de certains marma permet de: • réduire la fatigue nerveuse • faciliter la circulation du prana • soutenir l’équilibre hormonal • améliorer le sommeil • apaiser les émotions • diminuer les tensions somatiques • renforcer la digestion subtile (agni) • amplifier les effets de l’huile médicinale Ce travail marma ajoute une dimension précise et profonde à l’Abhyangam: il ne s’agit plus seulement d’un massage d’enveloppement, mais d’un soin de terrain, orienté vers la régulation du système nerveux, la présence corporelle et le rayonnement intérieur. L’Ayurveda considère que le soin des marma “réveille le prana endormi” et soutient ojas, cette essence subtile associée à l’immunité, à la vitalité et à la stabilité émotionnelle. Conclusion Abhyangam n’est pas un simple massage. C’est une manière ancienne de prendre soin du corps, du système nerveux et de l’âme, en donnant au toucher la place qu’il mérite: celle d’un régulateur de santé, de chaleur et de présence. Je propose ainsi l'abhyangam comme un soin de terrain, personnalisé selon la constitution ayurvédique et le contexte de vie. Chaque séance commence par un bref échange permettant d’identifier les besoins du moment (stress, sommeil, digestion, fatigue, sensibilité émotionnelle, douleurs, etc.). Citations traditionnelles • Caraka Samhita « Les huiles appliquées sur la peau nourrissent, renforcent et stabilisent les organes sensoriels. » • Ashtanga Hridayam « L’abhyanga favorise la vigueur, le sommeil et la protection contre la fatigue. » • Sushruta Samhita « Les onctions régulières préservent la jeunesse et la mobilité. » Vous pouvez prendre RDV pour le massage abhyangam en cliquant sur le lien en haut à droite, ou en m'appelant pour en parler en amont, avec plaisir! Soin possible dans le cadre d’un accompagnement ayurvédique personnalisé. Réservations et informations 06 10 72 97 38 www.dameetdaum.com
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